Avec ses mêmes chansons calibrées en écrins et sa même longue suite frôlant le quart d'heure, "Strange days" en 1968, le deuxième disque des Doors, frappe la joue droite quand la gauche est encore toute chaude de la claque du premier.
Mais la claque est plus intense encore. A l'image de la pochette, à la fois mystérieuse et tentatrice, la production de Jac Holzman et Paul A. Rothchild atteint une perfection inégalée et l'utilisation subtile de réverbs et d'échos sur les voix et les instruments installe une atmosphère hors du temps et de l'espace, inconnue jusqu'alors. Les Doors y inventent une sorte de psychédélisme intérieur et feutré, qui n'a nul besoin d'instruments extravertis pour enflammer les sens et susciter de capiteux frissons. Avec le spatial "Strange days" en spirale infernale d'ouverture, l'énervé "My eyes have seen you", le désabusé "People are strange" (repris par Echo & The Bunnymen), l'indispensable filiation blues "Love me two times", le secoué "Horse latitudes", les déclarations de clairs de lune "You're lost little girl" et "I can't see your face in my mind", la pop parfaite de "Unhappy girl" et (malgré) le long "When the music's over", le deuxième album des Doors est un des grands albums de l'année 1968, un classique.
Morceaux qui Tuent
People are strange Unhappy girl You're lost little girl Strange days My eyes have seen you
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