| | | par Chtif le 23/07/2004
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| Il y a les élus et les maudits. Ceux qui tutoient les anges et ceux qui récurrent les chiottes. Pour nombre dentre nous, la question ne se pose même pas : vautré sur la cuvette, un balai-brosse à la main, on se lamente sur notre sort, et on passe et repasse les disques que lon "achète" en pensant à ceux qui les "font". Et pourtant, il y a plus mal lotis encore : ceux qui ont voulu tenter leur chance, les inconscients qui ont gobé les belles promesses dAndy Warhol, et qui ont peut-être même vu sentrouvrir devant eux les portes du succès sans pouvoir les franchir.
Butch Engle & the Styx de San Francisco font partie de cette dernière catégorie : au départ, une formule qui sent le coup gagnant. Bonne époque, 1966-1967, son garage folk-rock typique de la Bay Area, et lappui du compositeur Ron Elliot des Beau Brummels. Seulement voilà, la sauce ne prend pas : aucun morceau de cette compilation ne se distingue, pas même les trois uniques singles de ce groupe éphémère. Pourtant, tous les ingrédients sont là, claviers omniprésents, arrangements plutôt recherchés, harmonies vocales évoquant vaguement les premiers singles des Who, mais il manque la touche mystérieuse, le décollage immédiat quaucune recette préconçue ne peut reproduire à la demande.
Ce disque sadresse uniquement aux complétistes, aux junkies du Flower Power tellement accoutumés à Jefferson Airplane qu'ils n'arrivent plus à planer dessus. Au fond, cest aussi un témoignage, un mémorial involontairement érigé en mémoire de tous ceux qui ont uvré, et oeuvrent encore aujourdhui dans lombre pour lamour de la musique, et la soif de reconnaissance. En vain.
Putain de quart dheure de gloire
Il en aura brisé combien, des rêves de gosses ? |
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