acid flowers
  Jefferson Airplane - After bathing at Baxter's
Etats-Unis 1967
Album Original + Bonus
CD RCA / Sony-BMG

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Label RCA

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Jefferson Airplane
After bathing at Baxter's
par Francois Branchon le 30/09/2003

Note: 10.0     
Morceaux qui Tuent
Young girl sunday blues
Martha (mono version)
Spare chaynge
The last wall of the castle
Rejoyce


Le troisième album de Jefferson Airplane est celui du décollage, la version à réaction de ses cousins "Happy sad" de Tim Buckley et "Anthem of the sun" de Grateful Dead. Les formats explosent, laissant de côté, comme de frêles coquilles, les chansons d'inspiration folk ou blues des deux premiers albums. Les titres s'étirent, s'enchaînent, se cognent les uns aux autres, racontent des histoires de fous ("Two heads", "A small package of value will come to you, shortly"), se laissent aller à de longues improvisations (la basse de Jack Casady aux commandes rythmiques et harmoniques de la sidérante suite flamenco-rock "Spare chaynge" !) et les solos de guitare de Jorma Kaukonen jaillissent de chaque gloup de la marmite de l'oncle Lewis Carroll. Le plus fou, incroyable et furieux d'entre eux surgissant de derrière un break de "The last wall of the castle", dérapage galactique sur crissements de cordes à écouter très, très fort pour jouir de la propulsion ! Quand l'Airplane redescend sur terre pour refaire le plein d'acide, les passagers patientent avec des ballades hors normes, le mid-tempo "Young girl sunday blues", chef-d'oeuvre de finesse en équilibre entre la voix de Balin et la guitare royale de Kaukonen, "Rejoyce", classique de sobriété dédié à James Joyce par une Grace Slick au piano, "Martha", miracle de douceur aérienne... "After bathing at Baxter's" est une "pierre blanche" de l'histoire de San Francisco, œuvre venue d'ailleurs de six musiciens barrés en état second, dont le grand talent est de rendre cohérentes leurs (furieuses) lévitations respectives. C'est surtout un album qui a fait découvrir à une génération d'adolescents, la réalité, la puissance et les trésors cachés d'une guitare électrique, consacrant Jorma Kaukonen comme l'un des grands guitaristes du siècle. Rigoureusement indispensable, non, obligatoire !!

La réédition 2003 - très proprement remastérisée avec un livret enfin digne de ce nom - propose cinq morceaux inédits (fébrilité, fébrilité) : "The ballad of you & me & Pooneil" (l'hommage de l'Airplane à Fred Neil) est live et presque plus léger que l'original en ouverture, avec une intro très exploratoire, la version single de "Martha" vaut par son incroyable mixage mono et les banderilles que plante la basse de Casady, proprement hallucinante, la version alternative de "Two heads" est anecdotique. "Things are getting better in the East" était un morceau alors en construction et destiné à l'album suivant "Crown of creation" mais finalement pas inclu (il fut publié dans le coffret de 1992 "Jefferson Airplane loves you"), la douce ballade de Marty Balin est ici en démo acoustique rare. Et enfin l'inattendu, petit cadeau en morceau caché, une bande orchestre ! Les Beach Boys s'étaient amusés à ça en publiant en 1968 "Stack-o-track" (leur album "Pet sounds" sans les vocaux). Là, avec "Young girl sunday blues", un des sommets de "After bathing at Baxter's", le karaoké prend une sacrée gueule.

 





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