Jazz
Funk Jazz
 Ndegeocello Meshell - Dance of the infidel
Etats-Unis 2003
Album Original
CD Universal / Universal

 
Ndegeocello Meshell
Dance of the infidel
par Damien Rupied le 14/09/2005

Note: 8.0    
Morceaux qui Tuent
Dance of the infidel


Avec ses disques précédents, la bassiste nous avait habitué à des productions de haute qualité mêlant hip hop, soul, funk et jazz. Elle y brillait autant par son rôle de bassiste que par celui de chanteuse. Son flow doux-amer, entre velouté soul et âpreté rap, était en quelque sorte sa griffe. Mais, cette fois-ci, Meshell n'intervient à aucun moment en tant que chanteuse, le disque étant essentiellement instrumental. Seuls trois morceaux voient l'apparition d'une vocaliste (Sabina Sciubba, Cassandra Wilson et Lalah Hathaway). Il est également beaucoup plus clairement jazz que les précédents. Certes on sentait toujours l'amour de Meshell pour cette musique transpirer dans ses compositions, mais ce n'était qu'un élément parmi d'autres. Cette fois-ci la part d'improvisation, le développement en longueur des morceaux et surtout les musiciens rassemblés pour l'occasion autorisent à parler d'un pur disque de jazz.

Pour se convaincre des changements il n'y a qu'à écouter le thème-titre, "Dance of the infidel", sur lequel Kenny Garrett prend un splendide solo. Sans doute le point culminant d'un album qui ne manque pourtant pas de sommets. Kenny Garrett n'est d'ailleurs pas la seule "jazz-star" à intervenir ici. On retrouve, entre autres invités, Jack De Johnette, Don Byron, Mino Cinelu, Oran Coltrane (fils de), Matthew Garrison (autre fils de), Grégoire Maret, et quelques fréquentations habituelles de Meshell comme Federico Gonzalez Pena, Gene Lake, Ron Blake, Oliver Lake, Michael Cain et Chris Dave.

La musique du groupe puise dans la tradition du jazz-funk, sans le côté fatigant et démonstratif que ce genre pouvait connaître dans les 70s. On y entend également des bribes d'afrobeat, quelques solos ancrés plus directement dans le free, et surtout une assise rythmique au groove constant (mais pas monotone). Les interventions des trois chanteuses donnent quelques colorations supplémentaires : blues pour Cassandra Wilson, soul pour Lalah Hathaway (fille de) et plus ambient pour Sabina Sciubba. En clair, un excellent moment de musique afro-américaine contemporaine.

 





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