| Chroniques Concerts20ème Festival des Inrockuptibles - Paris (8 & 9/11)Posté par : Jérôme Florio le 10/11/2007
SOIRÉE du 8 NOVEMBRE (La Cigale)
En ce qui me concerne, le festival commence dans la ligne 2 du métro, en me rendant à La Cigale pour la soirée d'ouverture : dans la rame, un ado (jeune gars des pays de l'Est, sans doute) accompagné d'un sound-system à roulettes rappe, ou plutôt hurle, pour se faire quelques piécettes de monnaie. Il se pique de faire des acrobaties en se suspendant aux deux barres métalliques verticales en milieu de wagon, les utilisant aussi pour des déhanchements de boîte topless de très mauvais goût.
Arrivé dans la salle de la Cigale, c'est un équivalent américain de Christophe Willem (non annoncé) qui débite son phrasé "funky" second degré de petit blanc en se dandinant sur fond de samples botoxés de Wham! : multiples descentes dans la fosse, invites au public à danser sur scène, etc. Rigolo deux nanosecondes, ridicule ensuite.
Lui succèdent les BONDE DO ROLE, sorte de version dégradée des Beastie Boys : trois pois sauteurs brésiliens qui font beaucoup d'efforts pour se dépenser en mimant des gestuelles hard-rock. Un son très très fort, avec des basses propres à vous faire sortir les tympans par les trous de nez - il faut dire qu'à un volume plus modéré, on risquerait de s'apercevoir tout de suite de leur nullité. J'ai l'impression d'être encore dans le métro. En début de soirée, les NEW YOUNG PONY CLUB ont proposé un rock raide et dansant, pas désagréable et bien dans l'air du temps. Doublement anéanti par une longue journée et les coups de massue infligés à mes oreilles, je plie bagage sans savoir si les PAPYS MONDAYS ont donné le concert du siècle.
SOIRÉE du 9 NOVEMBRE (La Cigale)
Retour à la Cigale pour BLOOD RED SHOES. Un duo anglais, des White Stripes inversés : un angelot blond à la batterie, une brunette à frange et moue boudeuse (genre BB pas brune) à la guitare. C'est bien en place, mais assez bourrin et répétitif, très raide. Le set se termine par une destruction de batterie.
Viennent ensuite REVEREND & The MAKERS. Il sont six sur scène : deux claviers sur les côtés, guitariste, bassiste, batteur et chanteur (de loin, dégaine genre Jim Morrison). Le premier titre abasourdit : un dance-rock putassier, surgonflé. Pourquoi punir le public avec un groupe aussi affligeant ? Très énervé, je prends illico la direction du bar, situé sous la salle de concert. Au contraire d'hier soir, il est vide, et la salle bourrée à craquer. Mais plus le concert avance, plus il se remplit de gens aussi dépités que moi.
Retour dans la fosse pour les COLD WAR KIDS. Ils ont manifestement envie de jouer : on les entend derrière le rideau baissé, accompagner la sono qui diffuse de la musique pour faire patienter le public. Les quatre Américains donnent un bon concert. Ils sont visiblement habités par leur musique – et même très ostensiblement, à voir le jeu de scène du guitariste et du bassiste très maniéré, deux grands maigrichons coiffés de bonnets qui se déhanchent en arpentant sans relâche la scène. A l'intérieur des morceaux, ils peuvent délaisser leurs instruments pour aller tapoter le clavier, les maracas, une cymbaleÂ… Au moins, ce concert est vivant. Nathan Willet est très en forme vocalement : il interprète seul au piano "Sometimes i feel like a motherless child" de Louis Armstrong en ouverture de "We used to vacation"; les titres les plus évidents ("Hang me up to dry", le phrasé hip-hop de "Saint John") sont connus du public, qui chante à l'unisson et tape dans les mains au quart de tour. Cold War Kids a proposé beaucoup de nouveaux morceaux, pas évidents, qui appellent une autre écoute. On a quand même l'impression d'un son un peu trop surgonflé qui taille au groupe un costard trop grand pour lui.
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