| Chroniques Concerts20ème Festival des Inrockuptibles - Paris (11/11)Posté par : Jérôme Florio le 12/11/2007
SOIRÉE du 11 NOVEMBRE (La Cigale)
Le concert de MARIT BERGMAN commence et s'achève en clin d'œil au cinéma : avant le lever de rideau, des extraits de dialogue d'un film hollywoodien de l'âge d'or, et à la fin, "Somewhere over the rainbow" de Judy Garland. Entre les deux, la Suédoise vêtue d'une robe rouge (proche de celle que l'on associe à Marilyn Monroe) donne un show à l'américaine de pop grand format. C'est enlevé, plein de peps, et Marit fait bien son job d'"entertainer". Elle est accompagnée d'une petite dizaine de musiciens – dont un guitariste sosie d'Ilie Nastase, et deux gars payés uniquement pour taper sur un tambourin. Très pro et sûre vocalement, on a néanmoins l'impression d'assister à un concert de pop générique, qui pourrait venir aussi bien d'Espagne que d'Australie ou de Tombouctou. Du produit manufacturé lisse et bien fait, plus proche des standards hollywoodiens que d'Ingmar Bergman…
La fosse se remplit pour accueillir ELVIS PERKINS & DEARLAND. Après un beau passage à la Boule Noire il y a quelques mois, on retrouve ce soir avec grand plaisir l'Elvis à l'étage du dessus. Ce sera un excellent concert. Il arrive seul sur scène, avec sa guitare et son harmonica, ce qui suggère comme remarque fatiguée à ma voisine : "je sens venir un grand moment de solitude". Tais-toi et va acheter l'album de Reverend & The Makers, ma cocotte. Elvis chante seul le premier titre "It's only me", ensuite rejoint sur "Good Friday" par les trois autres membres du groupe qui se saisissent chacun d'un trombone, d'un saxophone et d'une clarinette. Très belle version. Les américains ont bien construit leur set, faisant idéalement monter la pression avec leurs morceaux en formation "marching band". A noter une excellente réinterprétation de "All the night without love" en version boom-tchik-a-boom. Sur les deux dernières chansons, c'est le "very special guest" Gaëtan Roussel (de Louise Attaque) qui les rejoint.
Malgré leur nom hispanique, LOS CAMPESINOS! sont gallois, de Cardiff. Quoi de plus naturel, comme dirait notre président. Ils sont nombreux, sept sur scène : leur énergie est contagieuse, leur musique oscille entre pop candide et mur du son, le tout à 100 à l'heure avec des breaks inattendus et des fins qui ne le sont pas moins. Très sympathique, de voir des jeunes qui font du raffut avec le sourire aux lèvres, loin de la morgue londonienne. De plus, impossible d'identifier le moindre "leader", car tous occupent le devant de la scène. Leurs chansons-rébus amusent et détendent, mais c'est comme les mots croisés, au bout d'un moment ça fatigue les méninges.
Avec un nom pareil, on sent que THE NOISETTES va nous briser… les oreilles. Un trio emmené par une chanteuse d'origine zimbabwéenne, qui porte au début du concert une parure traditionnelle. C'est du rock bourrin mais assez souple, comme la plastique de Shingai Shoniwa. Sa voix, peut-être trop mélodieuse pour ce style (quand elle force, elle pousse de petits cris aigus), rappelle celle de Erykah Badu . On peut comparer les Noisettes aux Bellrays (ou à Skunk Anansie avant eux), mais en plus maniérés, et les compositions un cran en-dessous. Lisa Kekaula reste la plus forte.
Un peu fatigué, je laisse THE EDITORS "réveiller le romantisme dramatique de Joy Division et The Chameleons".
PLUS D'INFOS ET LE PROGRAMME SUR LE SITE DU FESTIVAL
| |