| Chroniques ConcertsFlaming Lips - Paris Bataclan 28 avril 2006Posté par : Emmanuel Durocher le 03/05/2006
Qu'est-ce qu'un bon concert ? Le concert d'un bon groupe, un concert bien joué avec un bon son, un concert où les musiciens communiquent avec le public…
Ce soir-là au Bataclan, la salle se remplit rapidement pour assister à la première partie : les texans de Midlake acquièrent un certain succès avec leur pop rêveuse et psychédélique, une attitude un peu figée et des projections d'animations ou d'extraits de films (j'ai cru reconnaître "Tess" de Polanski).
Puis c'est l'attente, mais contrairement à ces habituels moments pénibles pendant lesquels il faut patienter, les Flaming Lips sont déjà présents sur scène, Wayne Coyne prépare sa caméra qui projettera en gros plan sa frimousse plus ou moins déformée sur l'écran géant, Steven Drozd place judicieusement les différentes guitares (une à deux manches, une autre constellée de points colorés…), par contre le bassiste Michael Ivins doit être resté en coulisses pour enfiler sa tenue de squelette qu'il gardera tout au long de la soirée.
Un petit tour et puis tout le monde revient et c'est là que tout bascule : se retrouver près de la scène pour une première fois à un live des Flaming Lips peut se révéler très éprouvant émotionnellement ; le groupe commence à jouer l'indépassable morceau d'ouverture de "Soft bulletin" "Race for the prize" accompagné d'une armée d'aliens d'un côté et d'une flopée de pères Noël féminins de l'autre, les cotillons pleuvent et des dizaines de ballons de baudruche géants se déversent dans la fosse et le public s'en donne à cœur joie. Les Américains enchaînent avec la tension de "Free for radicals" et la candeur faussement bubblegum de "Yoshimi battles the pink robots part 1", les trois premiers titres du concert résument brillamment les trois derniers albums et le groupe peut enchaîner les morceaux de cette trilogie comme "Yeah yeah yeah song" repris en chœur avec le public, l'instru "Yoshimi battles the pink robots part 2" ou encore "The spark that bled"... L'ambiance ne faiblit pas, à mi-chemin entre un Disneyland psychédélique et le meeting politique à l'américaine, le chanteur accapare l'audience, parle beaucoup, il apparaît un peu comme un gourou (mais il ne faut pas oublier qu'il est "en guerre contre les mystiques") et se permet des échappées expérimentales avec son porte-voix ou son orgue style Bontempi. Ce concert est difficile à vraiment décrire, il faut le vivre. Wayne Coyne aime son public et celui-ci le lui rend bien, une osmose s'installe et il peut partager sa fantasmagorie dépressive et ses cauchemars féeriques. Des cotillons, il y en aura jusqu'au bout : la reprise "War pigs" de Black Sabbath accompagnée de l'inévitable pamphlet anti-Bush.
Un bon concert, c'est peut-être aussi celui qui surprend et qui rend heureux.
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