Les princes de la ville

113

par Julien Drisse le 18/12/1999

Note: 7.0    
Morceaux qui Tuent
Reservoir drogue


Après une présence remarquée sur le Cd "Opération freestyle" - compilation de 1998 rassemblant les rappeurs français les plus talentueux du moment - les membres du clan 113 déboulent en force avec un premier album, forcément attendu au tournant. A l'écoute, les éventuelles craintes s'estompent : ce hip-hop ne fait pas de concession dans ses textes ni dans sa musique. Pas d'eau de rose dans ce disque pas vraiment calibré - formaté ? - pour les passages radio, à l'inverse de pas mal de productions (le Secteur A., Doc Gyneco, Stomy Bugsy, Passi...) squattant les radios et les plateaux télé, tout en se réclamant d'un soi-disant anti star-system ! Ici pas de rap mielleux, mais pas de hardcore non plus. Le flow est posé et les thèmes se focalisent surtout sur la vie de la cité, celle de tous les jours. Et c'est là un des points forts du disque : si les problèmes abordés ne sont pas neufs - exclusion, racisme, FN, souffrance... -, ils sont présentés à travers le prisme d'expériences personnelles, aux mises en scène vécues. Les trois lascars du 113 racontent donc leur vie "entre potos", leur expérience des patrons de labels crapuleux ("Réservoir drogue"), leur voyage en Algérie d'où ressortent l'importance des coutumes et les différences de générations ("Tonton du bled", "Tonton des Óles"), leurs rencontres avec la police et s'imaginent en train de braquer un banque ("Hold up"). Les textes sont bien écrits, se posent bien sur le beat, sont à la fois positifs, sérieux et espiègles sans être racoleurs. Un son bien particulier de la capitale qui n'est pas sans rappeler les (talentueux) Mafia K'1 Fry, Ideal J. et Less du Neuf (entre autres).