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     Vinyle Hallucinex!



Some kazoos

Usa   1978
Album Original
MaxiVinyle Rhino/Import




TEMPLE CITY KAZOO ORCHESTRA (THE)

Some kazoos


Vous êtes onze, un rien désoeuvrés et sans le sou ? Montez un groupe !

Ainsi est né le Temple City Kazoo Orchestra. Coût de l'opération : 11 kazoos. L'instrument le plus démocratique de la planète (1 Euro pièce) est aussi le plus insupportable de tous, on y souffle et chante avec le fond de la gorge pour faire vibrer une infâme membrane : fuite assurée des animaux et crispation notable de tous les humains, même les sourds.
Les onze artistes du TCKO sont un des fleurons de Rhino. En 1978, le célèbre label n'est encore qu'un petit magasin de disques de l'est de Los Angeles tenu par deux zigotos érudits rock, Harold Bronson et Richard Foos. C'est là que naît la marque, avec comme premier pavé dans la mare les pensées du gouverneur de Californie d'alors, le crétin Ronald Reagan. C'est sous forme de cassette que seront diffusées les précieuses maximes, une K7... vierge ! Rhino frappe encore très fort en sortant de l'asile Wild Man Fisher et en produisant la compilation "Rhino royale" (fleuron : "Walk on the kosher side", la version cacher de "Walk on the wild side" de Lou Reed revisité par Gefilte Joe & The Fish).

Le Temple City Kazoo Orchestra fut fondé en 1974 par David Humms, diplômé du Conservatoire de musique de Berkeley (option kazoo il va de soi). Pour obtenir sa thèse, David a transcrit pour kazoo les neuf symphonies de Beethoven ! Sa première oeuvre personnelle, "Symphony for a soggy noodle" (symphonie pour une nouille pâteuse) est à l'origine de l'intérêt grandissant des amateurs éclairés pour le petit instrument injustement mal-aimé. Pour le promouvoir, David Humms fonde donc le TCKO. Et son groupe a plutôt de la gueule : David et ses 10 potes cinglés portent de rutilantes paires de tongues avec des vestes de smoking et de splendides noeuds pap.

Le mini album tire sa force médusante d'un imparable répertoire de reprises : "Stayin' alive" des Bee Gees trouve une expression mécanique rappelant la frénésie du doigt cherchant à décoller le sparadrap récalcitrant, "Miss you" des Stones est une relecture dont l'alphabet reste encore inconnu, "Whole lotta love" de Led Zeppelin, en version industrielle primitive et grinçante est une anthologie en soi, quant à "2001, sprach Kazoostra" (adaptation "libre" du "Also sprach Zarathoustra" de Richard Strauss), ses canons de kazoos renversent toutes les idées connues sur la musique allemande (et les derniers auditeurs par la même occasion).

Ce disque que les amateurs avertis sauront écouter avec tous les degrés de lecture, de la provoc cinglée à l'humour ravageur, possède bien d'autres secrets : il fait tourner le lait dans les étables, peut surlifter Regine en un instant et fait détaler sur le champ les pique-assiettes incrustés chez vous.

Morceau qui Tue
   2001, sprach Kazoostra

François Branchon © Sefronia
16-06-2000