Sonorama 1958-1962 - Anthologie du magazine sonore de l'actualité

Compilation

par Francois Branchon le 03/04/2019

Note: 7.0    
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Peu après l'arrivée en France du microsillon 45 tours (invention rapportée des États-Unis par Eddy Barclay), Louis Merlin, fondateur de la radio Europe No1, invente le concept Sonorama : un peu de texte, des photos noir et blanc, trois disques souples à thème (politique et actualités, informations culturelles, chanson), le tout relié avec couverture couleurs. Les actualités politiques viennent des studios d'Europe No1, les chanteurs présentés sont ceux que la radio promotionne, pas question ici de jouer les têtes chercheuses. Au rythme d'un numéro par mois, Sonorama, que l'on trouvait en kiosque et chez les marchands de journaux, a paru de 1958 à 1962.

Le label Frémeaux en publie ici une anthologie en 3 Cd, chacun dédié à un des trois thèmes.
L'info et politique donne la part belle à De Gaulle, Debré, l'Algérie, Kroutchev en France, dans le ton le plus propagandiste des informations officielles de l'époque...
Humour et théâtre donne la parole aux valeurs sûres, Poiret & Serrault, Jean-Louis Barrault, Bardot, De Funès, Jacques Martin...
La musique permet d'entendre La Callas, Distel, Laforet, Piaf, Ferré, Brassens, Amont, puis très vite Hallyday, Richie Valens, Vince Taylor ou Petula Clark, car le père Merlin qui avait bien senti le pouvoir économique naissant des 12-15 ans, n'allait pas tarder à installer sur ses ondes (1959) Salut les Copains, émission quotidienne confiée à Ténot et Filipacchi et diffusée à 17h (à la sortie de l'école). Et lorsqu'il arrêtera Sonorama, Salut les Copains (le mensuel papier) prendra la relève auprès du public jeune, avec le succès phénoménal que l'on sait.

Écouter tout ceci aujourd'hui permet une perspective historique sur notre pays alors en pleine mutation, arrivée de De Gaulle, guerre d'Algérie, début de la Caravelle et de la conquête spatiale, construction du mur de Berlin mais aussi apparition des yéyés et de la jeunesse en tant que marché, pour laquelle Sonorama se rapproche plus de la judicieuse promotion que de l'information.