Blues
British Blues Boom
  Compilation - The Blue Horizon story (vol 1: 1965-1970)
1965
Compilation d'Artistes
Un CD Blue Horizon  / Sony-BMG 1998

 
Compilation
The Blue Horizon story (vol 1: 1965-1970)
par Francois Branchon le 01/04/1998

Note: 10.0    

Mike Vernon fonde avec son frère en 1965 le label Blue Horizon. Tous les musiciens de blues britanniques figurent au nombre des signatures du découvreur de génie. Dépassant son rôle de talent scout à l'échelle de son pays, Mike Vernon mit aussi son label à la disposition de bluesmen américains tombés dans l'oubli, leur redonnant, à l'image des Rolling Stones pour Buddy Guy et Junior Wells, un peu de notoriété (et d'aisance) que leur talent justifiait. Seul Alexis Korner curieusement, pourtant figure fondatrice du "british blues boom", n'a jamais enregistré pour lui. La légende veut qu'à leurs débuts, pour éviter les taxes, les frères Vernon n'aient pressé leurs premières références de 45 tours qu'à 99 exemplaires ! A partir de 1967, la roue va se mettre à tourner dans le bon sens et grâce à un contrat de distribution avec CBS, le label va collectionner les succès, avec notamment ses deux groupes vedettes, Chicken Shack et Fleetwood Mac. Au final, 70 singles et 60 albums constituent le bilan Blue Horizon. Cette première partie de l'histoire présente 70 morceaux, dans un coffret de 3 Cd, luxueusement présenté et doté d'un livret très riche et documenté, écrit par Mike Vernon lui-même. Le premier Cd rassemble beaucoup des singles rares tirés à très peu d'exemplaires : Hubert Sumlin (alors guitariste de Howlin' Wolf), J.B. Lenoir, Woodrow Adams, Houston Boines, T.S. McPhee, Hound Dog Taylor et Drifting Slim. Tous sont de précieuses petites perles roots. Mais sont également déjà là Champion Jack Dupree, Eddie Boyd et les premiers pas de John Mayall avec Eric Clapton ("Bernard Jenkins" et "Lonely years"). Le deuxième Cd voit à l'œuvre Fleetwood Mac avec "Black magic woman", "I believe my time ain't long", le subtil et aérien "Albatross" et l'enlevé "Need your love so bad", Eddie Boyd (un splendide "The big boat"), BB King, Otis Spann ("Temperature is rising" enregistré à Chicago avec Fleetwood Mac), la première mouture de l'Aynsley Dunbar Retaliation ("Warning"), un Dunbar tout juste sorti de chez Mayall et en route vers deux albums d'anthologie chez Blue Thumb, et enfin Chicken Shack, qui signe avec sa chanteuse Christine Perfect (futur McVie chez Fleetwood Mac) LE morceau définitif de l'époque : "I'll rather go blind" ! Le Cd 3 malgré un déficit de notoriété est tout aussi excellent que les deux autres. Il permet de découvrir Coyne Clague, Duster Bennett, Harmonica Slim, Johnny Young, Top Topham, fugitif guitariste des Yardbirds et auteur d'un très bon album solo ("Ascension Heights"), George Smith, Jellybread, Bukka White... De même que "I'm gonna leave you" de la méconnue Martha Velez. Le titre est extrait de l'album "Fiends and angels" que Mike Vernon lui produisit en 1969 et dans lequel se côtoient Eric Clapton et Jack Bruce (Cream vient de splitter), Mitch Mitchell (Hendrix), Keef Hartley, Johnny Almond (Mayall), Duster Bennett, Jim Capaldi (Traffic) ! Un coffret qui ne racle pas les fonds de tiroir à fins de remplissage, mais qui laisse au contraire deviner bien d'autres perles encore enfouies sous la poussière. Vivement la deuxième partie !