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Pop Rock
  Compilation - Translations of Wire's
2004
Compilation d'Artistes
Un CD Rock Revolution > Words on Music  / Rock Revolution Records 2004

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Label Rock Revolution > Words on Music
 
Compilation
Translations of Wire's
par Jérôme Heff le 08/12/2004

Note: 7.0    

Ce projet incongru vient fêter les 25 ans de la sortie du disque "Chairs missing" de Wire, en regroupant 19 reprises de la seule chanson "Oudoor miner". Une démarche bien dans l'esprit du groupe, qui avait exécuté neuf versions du titre "The Drill" sur l'album du même nom en 1991. Mais pourquoi "Outdoor miner" et pas une autre ? C'était un des moments les plus mélodiques des punks arty de Wire, toujours tranchant mais rehaussé de piano et de chœurs : une approche pop doublée d'un texte intriguant, une allégorie obscure qui met en scène le "serpentine miner", un insecte qui se nourrit de chlorophylle… On a vu plus commercial.

Pour l'anecdote, la maison de disques EMI a été prise la main dans le sac en train d'acheter massivement le single en magasin, afin de doper artificiellement son classement dans les charts : à son corps défendant, "Outdoor miner" a servi à dénoncer au grand jour cette pratique alors courante et ancienne (les premiers Beatles par exemple). La honte pour EMI, ce qui au passage a privé Wire d'une apparition à Top Of The Pops et d'un succès potentiel.

La chanson subit ici une grande variété de traitements : du blues (Christian Kiefer) à la bastonnade (Boy Division), en passant par des lectures honnêtes mais scolaires (Titania, The Meeting Places, The Sems) ou à l'originalité sans grand intérêt (le post-rock instrumental de Should, Junetile). Fiel Garvie torture le morceau en lui arrachant les pattes une à une ; d'autres au contraire jouent joliment mais tout mou (Above the Orange Trees, Experimental Aircraft), évaporé (Timonium). Les meilleures interprétations sont celles qui préservent l'immédiateté du morceau original : la version à la guitare acoustique et harmonium d'Adam Franklin (de Swervedriver) fait ressortir l'évidence de la mélodie. L'insecte nuisible se retrouve bien innofensif, cajolé par le frêle timbre de Sharon Krauss, son banjo timide et sa panoplie d'instruments-jouets. La lo-fi poppy toute mignonne de Laura Watling attendrit aussi. Toujours chez les filles, on retrouve la version vitaminée de Miki et Emma de Lush, "shoegazeuses" bien planquées derrière leurs longues franges et leurs guitares en 1991.

Au final, un hommage sympathique et mérité à un groupe intègre, qui avec "Outdoor miner" a écrit un titre marquant, un modèle d'ambition pour les amateurs d'écriture à la fois accrocheuse et abstraite.