De la série Z on connait les films, mais il existe aussi les chansons ! Dans les années 80, au fil de la collection du Dr Demento, le label californien Rhino avait fait revivre cette frange épicée et savoureuse de la musique, qui à force de niaiseries, de troisième degré et de francs décalages en devenait indispensable. Qui n'avait pas fondu en 1981 à l'écoute de la version yiddish et casher de "Walk on the wild side"...
Le label français Born Bad reprend ce flambeau depuis quelque temps, compilant sous l'appellation Wizzz! un courant dit french psychorama qui mixe les morceaux improbables de la variété française tout en leur adjoignant quelques perles injustement inconnues ou oubliées. Wizzz! sort aujourd'hui son volume 4 (les chroniques des trois autres sont également en lien).
Et voici donc François Bernheim avec le très Noël-deschampesque "Tom", Michel Handson interprétant un "Bric-à-brac" s'essayant à la musique des mots et aux allitérations (mais n'est pas Gainsbourg qui veut), Alain Ricar (à la carrière bien courte) avec son soixante-huitard "I like sex", ambiance Sorbonne occupée et baise en amphi, pochette simili Gébé-Wolinski, "Je t'aime trop" de Paul Dupret - face B de son unique single Vogue en 1970, en imitation d'Herbert Léonard avec arrangements psychédéliques, Michel Didier (quelques singles chez Philips) avec un "Comme un arc en ciel", bourré de phasing et sous influence Beatles manière Eric Charden à la même époque, "Vedette internationale" de Liberatore (Vogue Belgique 1969) en alter-ego belge de Ronnie Bird, un délicieux et acide "Le poisson vert" de Gérard Gray (1970) - "le soleil est à l'envers, et moi je descend..."- aux synthétiseurs pierre-henryiesques, Richard Hertel, futur jazzman, batteur et co-fondateur avec Nino Ferrer et Bernard Estardy des Gottamou avec le très emballant, funky et bien arrangé "Patatras hola", puis encore Gilles du Janeyrand, Alain Serco, François Faray, Patrice Lamy ou K.R. Nagati, enfin de vieilles connaissances, les Missiles (nos Kinston Trio hexagonaux à l'accent pied-noir) et notre petit faible, Matty Kemer (de l'incroyable label E.D.O.) avec un "Boeing" qui frôle les sommets du kitsch décalé.