Feathers

Dead Meadow

par Emmanuel Durocher le 13/06/2005

Note: 7.0    
Morceaux qui Tuent
Heaven
Stacy's song


Formé en 1998 à Washington DC, Dead Meadow possède un imaginaire qui évolue sur le spectre d'une Côte Ouest bloquée entre 1966 et 73 où la guitare acoustique aurait été plus ou moins frappée de prescription. Après avoir travaillé avec Joe Lally de Fugazi sur son label Tolotta Records, Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre et même John Peel, le groupe récupère un deuxième guitariste (et quatrième membre) pour sortir "Feathers" son quatrième album studio.

Malgré ses différences internes, l'album semble parfois dérouler comme un long et unique morceau, ensemble soudé par l'ambiance éthérée et la voix un peu nasillarde du chanteur Jason Simon (et parfois comparable à celle de Syd Barrett) ; cela lui donne (et c'est plutôt dommage) parfois un aspect un peu monolithique.

Cependant, on retrouve un mélange des genres, du stoner à la pop sixties, en passant par du rock psyché, une pincée de métal et quelques mini-touches médiévales qui s'accordent avec des titres inspirés par la mythologie de Tolkien ("Such hawks, such hounds", "Through the gates of the sleepy silver door"). Tout cela est pourtant moins marqué que dans les précédents albums du groupe (comme "Shivering kings & others" en 2003) : les riffs gras ne sont jamais poussés trop loin et la pédale wah-wah vintage utilisée à bon escient mais c'est encore les morceaux sans artifice sonore où les mélodies se montrent dans leur plus simple appareil qui sont les plus réussis : la pop de "Stacy's song" et les envolées de "Heaven".

Le temps n'a plus vraiment de prise sur les quatre garçons de Dead Meadow, le monde tourne au ralenti, les morceaux sont longs ("Untitled" dure plus de dix minutes), pas besoin de substances illégales, l'auditeur fait son trip avec la musique (par contre, celui qui a fait la pochette…), on finit les jambes un peu cotonneuses, aussi léger qu'une plume (feather en VO)