Voyage dans les médecines psychédéliques

Dominique Nora

par Aoxomoxoa le 06/02/2026

Note: 8.0    

LSD, DMT, MDMA, ayahuasca, psilocybine, mescaline ou ibogaïne… Ces substances ont en commun d’être de puissants psychotropes aux effets potentiellement hallucinogènes. D’où leur qualificatif de psychédéliques, car elles auraient la capacité de révéler l’âme, selon l’étymologie du terme. De fait, ces molécules font partie depuis des millénaires de la pharmacopée des peuples autochtones, en particulier d’Amérique du Sud, qui les utilisent à l’état naturel dans le cadre de rituels chamaniques.

L’Occident découvre avec intérêt ces drogues entre les deux guerres mondiales. Le chimiste suisse Albert Hofmann (décédé en 2008 à 102 ans !) synthétise le LSD en 1943 et en dépose le brevet en 1948. C’est pendant les années 1950 et 1960 que les sciences psychédéliques connaîtront leur âge d’or, raconte la journaliste Dominique Nora, grande reporter au Nouvel Obs, dans cet essai très documenté "Voyage dans les médecines psychédéliques". 
Associés à la contre-culture américaine et au mouvement hippie californien (les Merry Pranksters de San Francisco ainsi que le Grateful Dead naissant en avant-gardistes), les psychédéliques vont cependant être accusés de pervertir la jeunesse. Le président américain Richard Nixon, qui n'était pas un demi-réactionnaire, déclare sans rire la guerre aux drogues, aboutissant à leur interdiction en 1971.

Des décennies de black-out s’en sont suivies, marquées par l’arrêt des expérimentations scientifiques sur ces molécules. Pourtant, depuis le début des années 2000, les recherches reprennent : actuellement, environ trois cents études pilotes ou essais cliniques sont conduits dans le monde aux Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Pays-Bas, Australie.. En France aussi ? Non...