| | | par Sophie Chambon le 30/11/2002
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| Le titre du disque fait référence à Henry Purcell et dans la suite de lalbum les citations renvoient à Mozart, Beethoven, Wagner ou Schoenberg. Ces allusions précises ne trahissent en rien la liberté dune musique qui dans ses dérèglements mêmes, rend hommage aux pères fondateurs. Le choix judicieux de laccordéon, riche en harmonique, en apparence extérieur au monde du jazz, introduit avec ce timbre insolite, nostalgique, certains accents plus populaires, dans des pièces complexes mais séduisantes, recherchées, drôles, mélancoliques aussi. Lalbum se déguste pour peu quon prenne le loisir de se laisser aller à autre chose quà la précipitation. Les auteurs cultivent le goût du paradoxe, puisque "Music for a while" pourrait faire croire à léphémère, et à la légèreté dune musique de divertissement. Cet album est tout sauf une musique de linstant, les dix compositions sur plus de 50 minutes que parcourent le trio de François Couturier, Jean-Marc Larché et Jean-Louis Matinier respectivement au piano, saxophone soprano et à laccordéon - formule assez originale pour être mentionnée - offrent une configuration souple et ouverte, une forme libre pour détourner le sens de cette musique qui réunit les époques. Dans cette conversation triangulaire, subtile et souvent humoristique, lengagement dans léchange seffectue sans le moindre cliché. Écoutez pour preuve "Cruauté du contrepoint" et encore lémouvant "Epilogue : requiem". |
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