Rock
Pop Rock
  Kid Loco - Kill your darlings
France 2001
Album Original
Un CD Royal Belleville  / Warner 2001

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SPIRALE

 A grand love story
 Party animals & disco biscuits
 
Kid Loco
Kill your darlings
par Filipe Francisco Carreira le 07/12/2001

Note: 7.0    
Morceaux qui Tuent
I can't let it happen to you
Gypsie good time


Au départ, il y avait la pochette. Belle et intrigante, elle attisait tous les débats : "Le fond gris, n'y avait-il rien de mieux?", voire "Une mini-jupe, oui, mais pourquoi en jean? De toutes les matières, c'est certainement la moins sensuelle !". De toutes les manières, cette pochette fera parler d'elle. Parce qu'à l'instar de Tricky son érotisme n'a d'égal que son élégance et qu'elle est barrée par ce titre ravageur "kill your darlings". Mais pas seulement : il y a un disque à l'intérieur. "Cocaine Diana" s'étend, lascive, sur notre corps sans défense, neutralisé par un rythme langoureux. Tim Keegan, chanteur de Departure Lounge - ce nom reviendra tout au long de l'album - lui prête une voix faussement désengagée, véritablement engageante. "Lucy's talking" et ce n'est pas pour ne rien dire : une voix qui rappelle Jennifer Charles d'Elysian Fields prononce les mots "Devil", "Lord" et "Chicken" avec ce qu'il faut de perversité pour laisser supposer qu'il ne s'agit pas exactement d'une histoire de poulet mystique. Cette voix, c'est celle de Louise Quinn, une écossaise encore inconnue à ce jour (pour combien de temps ?). "Gypsie good time" apporte quelques éléments de réponse pour qui se pose encore la question, quatre plages et quelques falaises plus tard. Son spleen désenchanté et insaisissable emprunte un chemin connu de lui seul vers des hauteurs dévoilant un horizon immense et effrayant. Un rapide coup d'œil aux alentours le confirme : ce sentiment, cette chanson sont bien passés par là. Mais il est trop tard. Tim Keegan entonne d'une voix canaille "Here come the munchies", un blues planant mais insipide, seule vraie déception d'un disque qu'on croyait irréprochable. "Going round in circles", instrumental agréable mais vain, tente bien de négocier un rachat mais échoue, faute de moyens et de réelle volonté. Il faudra attendre "I want you", le dernier titre, pour retrouver cette fraîcheur matinale et sensuelle qui fait le charme de l'entêtant "A little bit of your soul", de "I can't let it happen to you", petite merveille d'introspection empruntée à l'album "Images" des Walker Brothers. "A dizzy hot morning never comes / with the ringing of a clock" prophétise Tim Keegan. "Kill your darlings" : un disque idéal pour les lendemains d'amour.