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 Marianne Faithfull - Live in Hollywood
Angleterre Irlande Etats-Unis 2005
Un DVD + CD Eagle  / Naïve 2005

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Label Eagle


SPIRALE

 Vagabond ways
 Best of
 Before the poison
 
Marianne Faithfull
Live in Hollywood
par Francois Branchon le 03/11/2005

Note: 4.0    

Les atouts des sixties - voix fluette, naïveté adolescente - et l'alchimie de la renaissance passagère de 1979 - le miraculeux album "Broken english" - sont envolés depuis longtemps, vieux souvenirs sépia. De Marianne Faithfull, je garde le souvenir d'un panel d'une douzaine d'artistes au New Music Seminar de 1985 à New York, où, déjà bourrée à dix heures du matin, elle tentait de ramper sur la table en hurlant et en bavant, vertement réprimandée et giflée par sa voisine d'estrade Yoko Ono. Trente-sixième dessous. Passée par la case oubli, elle se manifeste depuis les années quatre-vingt dix par des albums assez anodins, sous-tendus de concepts vaguement intello - reprises de Brecht, glose sur son ascendance Sacher-Masoch...

Femme sans charisme, elle est aussi devenue, à la vision de ce "Live in Hollywood" de 2005, chanteuse sans voix, incapable de moduler la moindre ligne (on frôle le raclement de gorge), encore moins de tenir une note. S'essayant à avoir de la présence, mais imaginez Nicoletta se prenant pour Marlene Dietrich, elle doit à la seule force de quelques chansons du passé de conquérir le petit public chicos de Los Angeles venu l'entendre ce soir-là.

Servies par des musiciens eux en revanche irréprochables dans leur style cabaret - genre "on joue rock mais pas trop fort" - le batteur Courtney William notamment ou le guitariste Barry Reynolds (fidèle depuis "Broken english" qu'il composa en partie et produisit) - "No child of mine", "The balled of Lucy Jordan", "Sister morphine", le "Working class hero" de Lennon si prémonitoire sur la société à venir ("doped with religion and sex and tv") tiennent toujours leur rang et petit miracle de l'environnement acoustique momentané, Marianne redevient touchante le temps de "As tears go by".

Marianne Faithfull se la joue aristocrate déchue et décadente, mais, l'ordinaire fleurant à chaque instant, elle n'est qu'une Baronne de Rothschild du rock, qui enfile disques et concerts comme l'ex-roturière pond ses bouquins de maintien.