Rock
Rock Soul
  Mitch Ryder & the Detroit Wheels - An ultimate anthology
Etats-Unis 1966
Album Original
CD Rhino / Import

WEB

Label Rhino
 
Mitch Ryder & the Detroit Wheels
An ultimate anthology
par Francois Branchon le 29/12/2000

Note: 9.0    

Detroit dans les sixties était bien évidemment la capitale soul américaine, siège du label Motown, considérée alors comme l'épicentre du "Sound of young America". Cependant, n'en déplaise aux marchands de l'époque, fussent-ils noirs, la capitale américaine de la bagnole bavait aussi pas mal sur ses bords - vive l'Amérique et ses minorités agissantes ! - et les groupes rock les plus radicaux, Stooges et MC5 en tête, n'allaient pas tarder, dès 67, à hurler leur rage (imagine-t-on à Clermont-Ferrand à la même époque, un groupe auvergnat exhibitionniste clamant à la face du monde "Enculez Michelin !"). Detroit attira aussi une mouvance de jeunes groupes balancés entre rock (version "and roll") et soul, qui eut moins de retentissement mais produisit une musique pleine de tripes. Parmi eux, Mitch Ryder et ses Detroit Wheels peuvent être considérés comme les initiateurs du rhythm and blues blanc, style qui enfanta plus tard Bob Seger, le J. Geils Band, voire même un Bruce Springsteen (qui l'a toujours cité en référence). Un juste honneur donc que cette anthologie signée des maîtres Rhino, passés en 20 ans de l'Hallucinex le plus grave (cf chronique du Temple City Kazoo Orchestra dans ce même numéro) à la réédition artistiquement et techniquement haut de gamme et sans reproche. Mitch Ryder a une des plus belles voix soul blanches, rivalisant sans peine avec nombre de chanteurs noirs et frôlant même un Wilson Pickett, le plus grands d'entre eux. Il a biberonné à la soul Motown dès l'adolescence, assidu de tous les concerts, comme au rock'n'roll du génie Little Richard. A l'exception de "Joy", sa seule composition, son répertoire est celui d'un interprète des grands morceaux de l'époque : "Sticks and stones" (Ike Turner), "Bring it on home to me" (Sam Cooke), "Devil with a blue dress on" (Shorty Long), "In the midnight hour" (Pickett et Steve Cropper), "Shakin' with Linda" (Isley Bros), "Good golly miss Molly" (Little Richard) et une kyrielle d'autres, aussi pêchus les uns que les autres, même les plus blues d'entre eux, "Turn on your lovelight" (popularisé au même moment sur la Côte Ouest par le Grateful Dead). Des problèmes récurrents de dope ont nui à l'internationalisation de sa carrière, suite logique et attendue de ses gros succès en Amérique. Dans ses moments de déprime, Mitch Ryder s'est même laissé aller à des reprises déplacées, "What now my love" ("Et maintenant" de Gilbert Becaud) ou "You are my sunshine". Mais il reste une sacrée voix, inaltérable, au service de chansons qui représentent tout un pan de l'histoire us. Un putain de bol d'air !
 





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