Liberty Belle

Olivier Lorquin

par Francois Branchon le 25/06/2026

Note: 7.0    

Après avoir repris les affaires en 2024, Olivier Lorquin continue sa lancée avec Liberty Belle et y célèbre toutes les musiques.

Olivier Lorquin, 77 ans, directeur du musée Maillol, fils de Diane Verny muse du sculpteur est un enfant du rock au sens propre et historique. Esthète et rocker donc. Après une petite carrière de revival rock'n'roll dans les années quatre-vingt avec son groupe la Connection Marseillaise (pochettes estampillées Margerin),  Lorquin vit de musiques de pub. Il revient en 2024 avec "La drôle de route", projet plus construit d'auteur-compositeur-chanteur et remet le couvert aujourd'hui avec "Liberty Belle", second album de cette nouvelle vie, organisée avec une nouvelle bande : les guitaristes de studio Yan Péchin (Bashung, Brigitte Fontaine), François Poggio (Daho, Lavoine, Beaupin..) et le bassiste-poète-ingénieur du son Olivier Zdrzalik aka Kowalski (des mythiques Komintern et Malicorne pour les plus vieux d'entre nous). Touche à tout, meilleur auteur-compositeur que chanteur (il manque un peu de profondeur), Lorquin entend célébrer toutes les musiques où rôde le blues et le rock et propose compos originales et classiques revisités,

Si les morceaux annoncés "rock" sont un peu convenus ("Ma drogue dure", "Faut pas pousser"), tout comme le slow sentimental obligatoire ("Près de toi" au final qui cependant sauve l'affaire), Lorquin sait surprendre : son hommage à Robert Johnson ("Le diable perd toujours") est parfaitement subtile, très loin de ce qu'on pourrait attendre d'un hommage-imitation. Attaquant le monument Eddy Mitchell par la face Chaussettes Noires ("Si seulement" 1961), il s'en sort pas mal. Mais la réussite du disque est sans conteste sa reprise de “Fuck All the perfect people” de l'injustement méconnu Chip Taylor.

Olivier Lorquin peut, au fil de son album, rappeler Renaud, ou Miossec, ou Coutin, ou Bill Deraime ou Paul Personne... Mais il se dégage tout de même une atmosphère homogène et constante de coolitude, bien servie par des musiciens hors-pair au savoir faire reconnu (Yan Péchin, indissociable des deniers albums de Bashung).



OLIVIER LORQUIN Fuck all the perfect people - Audio seul 2026





Olivier Lorquin est également le concepteur et réalisateur en 1976 du film "Abracadabra Rock'n'roll", le seul documentaire existant sur l'archange prolo Vince Taylor, rocker authentique découvert par Eddie Barclay qui renvoyait Hallyday à ses imitations marketing (à voir ci-dessous).

Abracadabra Rock'n'Roll - 1976