Experimental
Musique de Traverse
 Pascal Comelade - Psicotic music'hall
France 2002
Album Original
Un CD Comelade  / EMI 2002



SPIRALE

 Danses et chants de Syldavie
 Musiques pour films vol 2
 
Pascal Comelade
Psicotic music'hall
par C Baumard le 10/09/2002

Note: 9.0    
Morceaux qui Tuent
The blank invasion of schizophonics bikinis
A hard mortadelos a-gonna Filemon Fall


Difficile de guider qui ne connaît pas Pascal Comelade ! A fuir les clichés d'un album et d'un titre à l'autre, et ce depuis plus d'une vingtaine d'années avec toujours ce même esprit riche mais simple de ne pas resservir telle époque tel groupe (mais reprenant certains de façon bien personnelle), les étiquettes fusent, se battent pour le classer, mais loin derrière sans jamais l'attraper. Si ce refus d'être catalogué n'est pas volontaire, aucun artifice ni chichi n'altère ce naturel si rare et si appréciable à être hors-norme (surtout aujourd'hui). Il est connu pour bricoler avec toutes sortes d'instruments - pas toujours de musique - et notamment ses fameux intruments-jouets qui font un peu sa singularité. Fin mélomane, du rock à la musique de bal en éclipsant - selon ses termes - le "jaaazz", la musique classique et autres "sportifs" qui "l'emmerdent", mais empruntant les chemins de traverse qui l'ont mené vers des musiciens libres d'innover, Pascal Comelade digère alors sa culture d'érudit ajoutant à sa guide l'accent de ses origines catalanes. Pour les curieux et fatigués de la daube habituelle, PC est un excellent trait d'union à tout un univers, musical surtout, ouvert à ce qui tourne en dérision le sérieux de nos pompeux pontifes, servant sur un plateau des mélodies en or. Avant de déménager de ses montagnes pour se rapprocher de Perpignan (plus accessible), il n'est pas l'ermite décrit par ci par là, juste loin des modes et des mondanités.

Et c'est ce qui rassure dans "Psicotic music'hall" car après plusieurs collaborations (PJ Harvey, Robert Wyatt, Miossec...) et très demandé (Björk), on ne l'attendait plus en solo. Son aise à manier autant d'instruments lui permet de façonner à nouveau un bijou, quatorze diamants, petits mais éclatants (certains taillés pour le ballet "Une féerie miniature" de Dominique Rebaud). Les titres donnent le ton, le "sérieux", variant avec jubilation d'une valse ("A hard mortadelos a-gonna Filemon Fall") à un rock que les guitares dé-rockent ("The blank invasion of schizophonics bikinis" et "Contre le style"), puis d'ovni en ovni qui invitent à gigoter ("Psicotic music'hall", "Contre le style"...). Intemporel, "Psicotic music'hall" visite maints époques qui n'existeront jamais. Pascal Comelade est radical et insolent, il ne s'offre aucun "featuring" de collègues à la mode et parvient à encore surprendre, nous prenant à contre-pied (on attend avec impatience sa récente et nouvelle expérience avec le basque Pello de la Cruz et la percussion txalaparta et le contrebassiste Gonzalo Dejada).