Rage Against the Machine

Rage Against the Machine

par Despiseme le 07/12/2003

Note: 10.0    
Morceaux qui Tuent
Killing in the name
Bullet in the head
Freedom


Absolu ! Tel est le terme qui vient naturellement quand on envisage l'album éponyme de Rage Against the Machine. Onze ans et autant dans le lecteur Cd, voilà un album qui ne fait pas son âge. En plus d'une référence en terme de fusion et d'une origine pour le néo-métal, cet album est celui de la révélation pour beaucoup de futurs énervés du métal (dont moi), ce qui lui confère une saveur particulière.
A l'époque reculée dont il est question, le métal était toujours en pantalon moulant de cuir, cheveux gras et longs et un esprit assez fermé sur le monde musical environnant. A l'instar des Suicidal Tendencies ou de Downset en plus accrocheur et accessible, Rage Against the Machine est le côté baigné de lumière d'un mouvement qui allait ensuite éclore et donner une nouvelle saveur au rock du début des nineties orphelin de Kurt Cobain.

Tentons de faire fi de nostalgie et d'histoire pour parler musique. Rage Against the Machine, c'est du rock accrocheur plus typé hardcore que métal avec un chant rappé et agressif posé dessus. Du cent pour cent 'pure addiction', écoutable par toute personne du fait de l'aspect calibré du chant et des riffs, rythmé à souhait par le duo basse/batterie référence, le côté revendicatif (sur lequel on ne s'étendra pas ici) et mode en plus. Paradoxalement découvert sur Fun Radio par une grande majorité d'auditeurs, "Killing in the name" avec son côté direct et ses paroles simples en comparaison des autres chansons de l'album est un hymne générationnel sur lequel on se surprend encore à marmonner des "now you do what they told ya" ou des "fuck you i won't do what you tell me" sans même savoir pourquoi, simplement parce que ça fait un bien fou. Finalement, les seuls détracteurs seront les métalleux n'aimant pas le phrasé de Zack de la Rocha et les bidouillages guitaristiques de Tom Morello.

Tout cet album est une référence, de ceux que l'on écoute sans ressentir la moindre baisse de régime. Passant allègrement de "Bullet in the head" et son riff final destructeur à "Township rebelion" et son rythme effréné, sans oublier le très rock "Know your enemy", Rage allie une maîtrise technique irréprochable à une grande originalité, une liberté de ton sans faille et, contrairement à ce qui se passera sur les albums suivants, une grande variété dans les compositions. "Settle for nothing" surprend par sa noirceur et sa lourdeur, "Wake up" et son intro devenue mythique bien plus tard avec le film "Matrix" prend au cœur et ne vous lâche pas pendant six minutes. Car c'est là une autre grande force de Rage, dix chansons et une heure au compteur, des chansons à rallonge qui ne pèsent jamais par leur durée.

Au moment où sort un live des récents concerts, il est plus que fortement conseillé d'écouter ce morceau de bravoure complété d'une touche historique : headbanging et nostalgie garantis ! Ultime !