Jazz
Vocal
  Slug - Namekuji
France Japon 2011
Album Original
Un CD Radio France > Signature  / Harmonia Mundi 2012

 
Slug
Namekuji
par Hugo Catherine le 02/09/2013

Note: 8.0    

Une guitare claire, une voix pure, une basse feutrée, des chœurs discrets, des toms gentiment tribaux : Namekuji s'ouvre à nous tout en douceur. Ensuite, sur "Patrick", nous prenons la mesure d'une ambiance électro-pop sympathique, léchée et pas bien usante. Derrière la douceur, une certaine force musicale transparait même. La balance est impeccable, la paire basse-batterie fait tourner le groupe avec une aisance audible, nous nous surprenons à sautiller sur des rythmiques bien binaires, simples mais propres et efficaces. Notre jolie sensation se poursuit sur "Fourteen" et ses airs de déjà-entendu.  

Slug - la chanteuse Himiko Paganotti, le pianiste/clavier Emmanuel Borghi et le bassiste Bernard Paganotti - a l'art de produire des morceaux plutôt easy-listening, ni révolutionnaires ni tout à fait communs non plus. Il y a ici quelque chose de très studio, le travail professionnel transpire, les conditions d'enregistrement sont notamment irréprochables, chaque détail sonore servant avant tout la cohérence globale. Hésitant entre trip hop langoureux, folk habitée et pop rock plus direct, le groupe sait ancrer ses mélodies, communiquer son énergie maîtrisée. Parfois même, Slug convoque jazz et éléments électroniques pour mieux brouiller les pistes, dans un délicat numéro d'équilibrisme.  

L'album est une très jolie escapade, nous passons avec plaisir par des contrées, certes déjà rencontrées, mais joliment évoquées. Pourtant, il est possible de décrocher quelque peu au fil de l'album. Certains univers grinçants sont moins convaincants ("The sound of the ice"), certaines balades sont moins hypnotiques ("Before the ending", "Two hours in the stars"), certaines ambiances rock sont plus lassantes ("I wanna lick stamps"). L'approche de Slug nous semble alors temporairement moins lumineuse. "Namekuji" ne peut pas toujours toucher du doigt un incroyable pouvoir de fascination. Malgré cette réserve minime, nous refermons l'album sur une belle ligne de basse fretless, l'oreille légère.