Folk
Café Wha? (Folk Us 60's)
The  Kingston Trio - Live at Newport
Etats-Unis 1959
Album Original
Un CD Vanguard  / Warner 1999

 
The Kingston Trio
Live at Newport
par Francois Branchon le 12/12/1999

Note: 6.0    

Avant la révolution culturelle folk américaine du début des années soixante, partie de Greenwich Village autour de Phil Ochs, Fred Neil, John B. Sebastian, Dave Van Ronck et autre Dylan, étaient les années cinquante et sa musique populaire, essentiellement country and western aux mains de musiciens adultes (à l'exception notable des jeunes frères Phil et Don Everly) et surtout bien propres sur eux et coupe au bol, condition sine qua non d'une promotion à l'échelle du pays, l'Amérique lavant plus blanc que blanc à cette époque. Les trois collégiens de quinze ans qui montent le Kingston Trio vont tenter de briser le tabou, oser la provocation : pour la première fois, des jeunes chantent et montent sur scène sans que ce soit dans le groupe de leurs parents. Mais tout reste bien sage, les tenues vestimentaires restent réglementaires, la musique ne révolutionne rien du tout (deux guitares, un banjo et des vocaux très "scout autour du feu de camp" ne vont pas chambouler le monde). De toute façon, la politique ne semble pas faire partie de leur planète. Pour des changements plus radicaux, il faudra attendre que les iconoclastes fumeurs de joints cités plus haut se défoulent à grands coups de pied dans les innombrables fourmilières. Cependant, déjà novateur par sa seule existence, le Kingston Trio connaîtra de grands succès : "Tom Dooley" (tube mondial en 1959), "Greenback dollar" (traduit en français par les Missiles - "Sacré dollar" - et reprise par The Men They Couldn't Hang en 1983), "M.T.A.", "All my sorrows"... Le concert ici réédité inaugurait la première édition du festival folk de Newport en 1959 (un lieu que Dylan embrasera de fureur en 1965 lorsqu'il montera sur scène avec des guitares électriques ! ). Le Kingston Trio connut ce soir-là un succès qui dégénéra en émeute lorsqu'il s'agit de laisser la scène à un Earl Scruggs ne supportant pas l'affront de devoir attendre.