Break the mould

Utah

par Jérôme Florio le 12/04/2006

Note: 7.0    

Un groupe danois qui porte le nom d'un Etat d'Amérique, quoi de plus normal je vous le demande ? On ne comprend rien à leur bio, rédigée sur leur site dans leur langue maternelle. Mais ce n'est pas grave, le quintet en provenance de Aarhus-Skanderborg chante en anglais, et se résume lui-même en trois noms : Radiohead, Flaming Lips, Grandaddy.

On a presque tout dit. Jesper Both (voix et guitare), Søren Zahle (guitare et choeurs), Johan Vogel (basse), Anders Rønne (batterie), et Jesper Jakobsen (claviers) jouent de la pop taillée XXL, quand même plus proche du lyrisme limite "progressif" de Radiohead période "OK Computer" que des chansons tordues des Flaming Lips. "Break the mould", "DDA", "Peace of mind" font ainsi dans le côté ample et héroïque, portés par la voix agile et cassée de Jesper Both avec la grosse artillerie qui va derrière. La production est panoramique et ne fait pas dans la demi-mesure, sans pour autant être balourde : "Shoot them all" montre un jeu plus minimal, autour d'une ligne de piano guillerette et un rythme de baloche qui ne résistent pas à l'humeur sombre du chanteur.

Comme l'indique le nom du groupe, la musique de Utah n'est pas faite pour zoner à vie dans les environs d'Aarhus-Skanderborg : elle se voit dans des grands espaces, crève d'envie de fouler la pelouse des stades, rêve de soulever des foules qui vibreraient ou se recueilleraient à l'unisson d'hymnes énormes ("Come home Part 1", "Come home Part 2").