To be still

Alela Diane

par Jérôme Heff le 13/02/2009

Note: 8.0    

On ne peut pas vraiment dire que Diane la chasseresse parte en conquête de nouveaux territoires : "To be still", comme son nom l'indique, est une élégante manière de capitaliser sur le succès surprise de l'intimiste "The pirate's gospel" (paru en 2006 mais en réalité bien antérieur). Dès la première écoute, "To be still" se montre plus rond, plus produit, parfait pour élargir le public de l'Américaine.

Alela Diane sait parfaitement quels sont ses atouts, en tout premier lieu sa voix, naturellement claire et puissante : c'est un gracieux bourdonnement, qui survole les reliefs plus qu'il ne les souligne. Pas de triche sur ce point, ses concerts l'ont démontré. Les trames de ses chansons font penser à des charpentes rustiques, dont la solidité défie le temps, et qui peuvent supporter toutes sortes de couvertures - une section rythmique un peu plaquée (la frappe lourde sur le single "White as diamonds" me fait penser à celle de... John Bonham - Led Zeppelin - !), des cordes (mandoline, banjo, fiddle...), ou bien rester ouvertes aux quatre vents. L'inspiration est inchangée : du folk joliment entêté et entêtant, doucement hypnotique, qui puise dans la plus vieille tradition. Il est quand même étrange, sur "Age old blue", d'entendre une jeune fille d'aujourd'hui évoquer les champs de coton - à moins que ce soit de la naphtaline, puisque c'est le vétéran Michael Hurley qui chante avec elle sur ce titre. Tradition encore, dans la transmission d'un héritage musical et le sens de la famille, puisque son père l'accompagne autant sur disque que sur scène.

"To be still" ne provoque quand même pas de fortes émotions, et risque de lasser plus vite que son prédécesseur. Mais il tire sa force de l'impression de naturel et d'épanouissement qui transparaît chez Alela Diane : elle porte sur ses épaules tout un pan de la musique folk américaine, sans que cela ne lui pèse davantage qu'un châle en dentelles. Une santé éclatante pour jouer de la musique de grands espaces, sans prendre de grands airs.



ALELA DIANE White as diamonds (Clip 2009)