39 minutes of bliss

Caesars

par Fer Fre le 30/01/2004

Note: 6.0    
Morceaux qui Tuent
Crackin’ up


L’écoute de l’album des Caesars laisse une curieuse impression de scepticisme. Voilà en effet un groupe doté d’un énorme potentiel qu'il ternit malgré lui par une résurgence trop prégnante de ses influences. Dommage. Symptomatique. Car pareille occurrence est devenue à ce point fréquente qu’elle illustre magnifiquement le recyclage abusif auxquel se livrent bien trop d’artistes.

D’un point de vue technique, nos Caesars sont irréprochables. Concédons-leur donc une adresse bien particulière pour composer des mélodies simples et immédiatement attachantes, les gars témoignant d’une grande dextérité pour l’écriture d’une pop enlevée, rock et clinquante. Le bémol vient plutôt du fond même de leur inspiration. Là, les choses se gâtent car, à défaut d’avoir fait l’impasse sur la production musicale des trente dernières années, le plaisir primaire de l’écoute est contrarié par un puissant sentiment de déjà entendu. Certes, Nirvana, ce géant aux pieds d’argile, puisait dans sa discothèque de quoi nourrir son brasier, mais en apportant en retour une plus value incontestable qui le démarquait de ses modèles tout en le rattachant à l’histoire. Ici, les chansons s’éloignent assez peu de la matrice originelle et Caesars laisse trop entendre qu’il prise les Stranglers, Oasis, les Stones, My Bloody Valentine, Ride plus une dizaine d’autres références…

Entre néo punk, rock et brit pop, les Caesars s’épanouissent. Le rendu a beau s’avérer convaincant, il est loin d’être subjuguant.