Divers
Easy Listening
 Claudine Longet - Hello hello - The best of
France Etats-Unis 2006
Album Original
Un CD Cherry Red > Rev-Ola  / Import Cherry Red 2006

WEB

Label Cherry Red > Rev-Ola
 
Claudine Longet
Hello hello - The best of
par Francois Branchon le 21/12/2006

Note: 8.0    
Morceaux qui Tuent
Lazy summer night


Pour le public français, la chanteuse (française) Claudine Longet n'a laissé qu'un petit souvenir d'actrice dans le génial "The party" de Blake Edwards en 1968, où elle tient le rôle de l'ingénue souriante de service, contrepoint des catastrophes qui s'abattent sans discontinuer sur Peter Sellers. Elle y pousse d'ailleurs la chansonnette ("Born to loose" composé spécialement pour elle par Henry Mancini, auteur de toutes les BO d'Edwards).

Mais Longet n'était pas là par hasard. Partie aux États-Unis au début des années soixante comme danseuse aux Folies Bergère de Las Vegas, elle y avait épousé Andy Williams, plus gros crooner de variétés de l'époque (Julio Iglesias puissance 10), regard de bestiaux niais, cols pelle à tarte et disques vendus par wagons. Une union qui ouvre des portes : Longet devient une familière des shows tv de son mari, est engagée comme "femme de" sur nombre de séries et lorsqu'il lui vient l'envie de chanter, la maison de disques A&M déroule tous les tapis dont elle dispose et convoque les meilleures pointures de studio.

Ce best of condense ses cinq albums - tous de reprises - enregistrés sur A&M, "Claudine" (1967), "The look of love" (1967), "Love is blue" (1968), "Colours" (1968) et "Run wold, run free" (1970). Le producteur en est Tommy LiPuma (accoucheur de George Benson, Michael Franks, Dan Hicks, Al Jarreau, Deodato, Bill Evans...), l'arrangeur et maître es-cordes Nick DeCaro.

Génie des pointures qui se sont occupées d'elle ou petit talent perso ? Probablement les deux, car cet easy-listening-là n'est pas dénué de charme. Une voix au piquant naïvement acidulée, des arrangements aux parfums exotiques qui savent parfois amener les chansons sur des atmosphères d'apesanteur à la Julee Cruise ("Lazy summer night" de Harold Spina) et voilà que l'album s'écoute tranquillement, la qualité des chansons évitant aussi la monotonie (reprises de Jobim, Randy Newman, Joni Mitchell, Fred Neil, Bacharach & David...). même si on est obligé de subir l'adaptation de l'insupportable "Un homme et une femme" de Francis Lai (mais qui présidait ce jury de Cannes qui a donné la palme à Lelouch !).