Virginia creeper

Grant-Lee Phillips

par Chtif le 26/06/2004

Note: 8.0    
Morceaux qui Tuent
Susanna little
Mona Lisa


Si "Mobilize", le premier album en solo du chanteur de Grant-Lee Buffalo jouait la carte de l'ambiance électro, "Virginia creeper", lui, est empreint de sobriété et marque le retour aux sources. Première surprise en ouvrant le boîtier du disque, on découvre en photo-montage un Grant-Lee pour la première fois souriant, apaisé, aux côtés de son double mélancolique, plus familier. Album du changement ? La réponse est oui, sans aucun doute : si Grant-Lee avait depuis "Fuzzy" progressivement développé des climats de plus en plus sereins, on entend sur "Virginia creeper" un artiste mûr mais aussi parfois plus insouciant et heureux de l'être. L'émotion est présente bien sûr, plus que jamais même, mais tournée vers l'optimisme, comme le sentiment d'avoir connu des obstacles, des doutes, et d'avoir réussi à les surmonter.

Démarrage en beauté (Grant-Lee Phillips est coutumier du fait) avec "Mona Lisa" qui séduit immédiatement : sa capacité à charmer l'auditeur reste aussi énigmatique que le sourire de la dame ! La série de portraits qui suivent ("Lily-a-passion", "Calamity Jane", "Josephine of the swamps"...) dépeignent la douceur mais aussi la sécheresse et l'amertume de l'Amérique rurale. Plus de boîte à rythme désormais, mais un groupe chaleureux, soutenu par accordéon, quartet de cordes, banjo et ukulélé (Jon Brion déjà présent sur "Jubilee") qui donnent parfois une couleur "western" à cet album, le tout très acoustique, une production soignée mais authentique et dénuée d'effets inutiles.

Curieusement, "Virginia creeper" rappelle de temps en temps (sur "Susanna little" notamment) les chansons de Bruce Springsteen, ou encore Aimee Mann, comme témoignages profondément empreints d'humanité et de mélancolie, presque de bienveillance. Grant-Lee Phillips n'est pas qu'un artiste inexplicablement doué pour nous émouvoir, mais un ami au côté duquel nous aussi, depuis des années, évoluons.