| | | par Francois Branchon le 22/05/2000
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| Linda Ronstadt peut être qualifiée au choix de chanteuse protée (elle a abordé tous les genres, du rock au jazz, de la musique mexicaine à la country sans jamais être ridicule) ou d'opportuniste ayant su tracer son chemin dans les charts américains (se servant à merveille de son atout physique de Barbie gironde pour attirer à elle une presse généraliste d'ordinaire peu préoccupée par le destin du rock'n'roll). Elle débute à la fin des années soixante avec les Stone Poneys, un groupe de reprises rock'n'roll classiques (trois albums) et passe les années soixante-dix à chanter (bien) une country encore un peu rockante mais surtout Fm-isante, faite de reprises, lisses et consensuelles, puisées dans les répertoires des "maîtres" (Hank Williams, Roy Orbison, Woody Guthrie...) et des nouvelles têtes de la scène américaine, les Jackson Browne, Randy Newman, Ry Cooder, Neil Young ou Bernie Leadon (futur fondateur des Eagles). Tentée par le jazz, elle s'essaye à reprendre Gershwin et Irving Berlin (avec notamment des duos avec Aaron Neville, Frank Sinatra), pousse même jusqu'à l'expérimental (une session avec Philip Glass) mais cède aux sirènes (sonnantes et trébuchantes ?) de Nashville et forme en 1987 un trio avec l'archétype vivante Dolly Parton et Emmylou Harris, tout en enregistrant, de 1987 à 1992, trois albums de standards en espagnol. Depuis, fixée sur la ligne d'un country-rock aseptisé, elle égrène des albums très produits, accompagnée de requins expérimentés (Waddy Wechtel, Bernie Leadon...), servant la grosse cavalerie du rock US (Springsteen, John Hiatt, Dylan...) à un (grand) public consommateur. Cette anthologie en quatre Cd retrace toute l'histoire de sa carrière, avec deux Cd de rétrospective, un sur ses collaborations (le trio avec Parton et Harris, les surs McGarrigle, Aaron Neville, Frank Sinatra, Chuck Berry...) et un dernier dédié aux titres rares ou inédits, avec les collaborations avec Philip Glass, Little Feat, la reprise du chef d'uvre des Everly Brothers "All i have to do is dream avec Kermit The Frog (!), celle de "Tumbling dice" des Rolling Stones ou plus obscur encore, sa participation au titre "Why" du monument de Carla Bley et Michael Mantler "Escalator over the hill". |
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