Experimental
 Xavier Garcia - Virtuel meeting
France 2004
Album Original
Un CD Radio France > Signature  / Harmonia Mundi 2004



SPIRALE

 Radiorama
 
Xavier Garcia
Virtuel meeting
par Fabian Faltin le 19/02/2004

Note: 7.0    

"Virtuel meeting" est un album d’improvisations instrumentales, une "rencontre virtuelle" entre des musiciens ne s’étant jamais retrouvés tous ensemble, un saxophone et une clarinette (Jean-Paul Autin), une guitare électrique (Alexandre Meyer), une batterie (Chris Cutler), une contrebasse (Eric Brochard) et des voix (Lucia Recio), tous enregistrés séparément ou en duo avec le compositeur Xavier Garcia, puis traités et reconstitués en un ensemble virtuel par lui.

La pertinence de la démarche est plutôt sujette à caution : où se situe aujourd’hui l’intérêt d’une "idée générale" (Garcia et la collection "Signature" de Radio France) qui "concerne plus la méthode qu’autre chose" et consiste en une "superposition de deux discours musicaux", à savoir "jouer avant de composer" ? Cette idée a pour nom "sampling" et est utilisée par tout le monde, y compris par ceux qui n’ont jamais eu d’instrument dans les mains de leur vie. De plus, le rapport de "l’idée générale" au résultat, ne semble pas vraiment pas évident : "Virtuel meeting" ne sonne pas spécialement plus "virtuel" que toutes les autres musiques électroniques, et toute trace d’une éventuelle confrontation ou "rencontre" en a été soigneusement effacée. Du moins, à ce qu'on entend…

Ceci dit, "Virtuel meeting" est d'une qualité impeccable. Soixante minutes de paysage sonore d'une grande finesse, avec des transitions toujours très inventives et éclectiques, fluides au point d'en devenir imperceptibles. L’esthétique des bruitages de percussions, les parties vocales (Lucia Recio !) et électriques, la discrète atonalité de la clarinette basse, le calme inattendu des métaux frottants, n’a a rien de spécialement nouveau – pensons à Marcus Stockhausen, aux symphonies Futuristes - mais la cohérence presque cinématique de ce montage est une véritable réussite, et mérite une écoute attentive, de préférence sans interruption.

Signalons quand même que des morceaux comme le 6 ou le 8, aussi remarquables et hypnotiques soient-ils, poseront quelques difficultés en dehors d’une écoute "live" : consistants en des bruits de jeux d’arcade superposés à une catastrophe aérienne, ils sont tout aussi rassurants que le "Concert pour 12 tracteurs" de Sven-Åke Johansson !! Dans la quiétude quotidienne ça risque d’être une affaire difficile, mais au moins dans le virtuel, le valeur discographique est incontestable.