| Chroniques Concerts20ème Festival des Inrockuptibles - Paris (10/11)Posté par : Jérôme Florio le 11/11/2007
SOIRÉE du 10 NOVEMBRE (La Boule Noire)
A la Boule Noire ce soir : du folk, du blues et… du prog-rock. SEASICK STEVE ouvre le bal : un Américain d'une soixantaine d'années, en salopette, barbu et tatoué, qui joue du blues électrique. Comme ZZ Top il y a 35 ans, ou les Black Keys aujourd'hui (mais sans la batterie !). Seasick Steve a mené une vie de "hobo" – ces vagabonds qui voyagent sur des trains de marchandises – qui nourrit ses chansons d'anecdotes (un passage en prison), certaines drôles (celle sur un insecte du Mississipi qui vous bouffe tout cru). 100% blues, sans additif. Bon concert, même si on suppose que des chanteurs de la trempe de Seasick Steve il y en a beaucoup aux Us. Pourquoi les Inrocks l'ont-ils choisi en particulier ?
Direction le Canada avec PATRICK WATSON, un pays nous envoie régulièrement des chanteurs enflammés (Hawksley Workman il y a quelques années). Patrick Watson chante avec trois kilotonnes d'écho : du coup, on a l'impression de l'entendre chanter dans un entonnoir géant et on ne comprend rien. Dommage, Watson a une belle voix (à rapprocher de Jeff Buckley, ou de M Ward), ce qu'il prouvera en toute fin de concert avec un "Man under the sea" totalement unplugged au milieu du public (qui a fait silence, du coup). Le groupe est au diapason : des textures sonores qui délayent le propos, avec Watson qui hulule systématiquement – gracieusement mais longuement – à la fin des morceaux. Les amateurs de Pink Floyd période "Dark side of the moon" on dû apprécier. Un son beaucoup trop enrobé, avec en plus des manières un peu chichiteuses pour introduire le titre qui tourne sur les radios, "Luscious life" : une intro au piano marquée par Erik Satie, comme pour annoncer le Grand Œuvre qui va suivre. Pas encore le grand frisson…
Pour finir, retour à la tradition avec l'Anglais (de Londres) JOHNNY FLYNN, pour du folk très classique, à la limite du folklorique (on pense à des racines irlandaises mais rassurez-vous, ce n'est pas quand même les Corrs !). Il a l'air tout jeune, le Johnny : teint pâle, cheveux blond paille, et le rose qui lui monte aux joues quand il s'adresse à son groupe ou au public. Très mignon. Sur scène, on remarque sa version féminine, à la flûte et au violon. Normal, c'est sa sœur. Chanteur un peu timide, Flynn est un assez bon guitariste : sur les deux premiers titres, il passe d'un dobro joué en picking à la mandoline – manière un peu précipitée de prouver ses talents ? Avec deux singles seulement à son actif, Johnny Flynn est très vert, et manque encore du coffre et de l'assurance qu'il pourra peut-être développer plus tard.
PLUS D'INFOS ET LE PROGRAMME SUR LE SITE DU FESTIVAL
| |