Chroniques Concerts

The Only Ones - Paris le Trabendo 08 Juin 2009

Posté par : Jérôme Heff le 09/06/2009

Un Trabendo même pas aux trois-quarts plein pour la première date des Only Ones en presque trente ans ! Les abstentionnistes auront encore une fois eu tort : le groupe de Peter Perrett a livré une excellente prestation. Les Only Ones, au début un peu figés genre statues de cire, se sont peu à peu libérés, et après pas loin de deux heures de concert le guitariste John Perry ne voulait plus sortir de scène ! Le pari n'était pourtant pas gagné d'avance. En se rendant au Trabendo, on craignait un peu la capacité de Peter Perrett à tenir sur ses deux jambes ; affaibli par des problèmes respiratoires dûs à une vie d'excès, il flotte dans sa chemise et semble peser à peine plus lourd que sa guitare (une Fender Telecaster, déjà plutôt légère à la base !). Mais quelle voix ! Un magnifique croassement, caverneux, qui découpe les syllabes au scalpel, et parfaitement mis en valeur par le son hier soir. On a aussi apprécié le jeu de basse très mélodique de Alan Mair. De son côté, John Perry n'a pas loupé un seul solo : maintenant bien bedonnant, il a semblé rajeunir tout au long de la soirée, son visage au départ blanc se rehaussant de couleurs - et ce n'était pas la faute à la chaleur dans la salle, grande absente de cette journée parisienne. Les Only Ones furent à la fin des seventies - début eighties un des derniers (sinon le dernier) groupe de "classic rock", avec la dégaine, les références et les structures de chanson couplet-refrain-solo qui vont avec. Les grandes chansons attendues n'ont pas déçu : "Another girl another planet", "The beast", "The big sleep", "Why don't you kill yourself", et même le glorieux premier single "Lovers of today"... Quelques nouveaux morceaux ont été joués, de très bonne facture, sans doute issus d'un nouveau disque à venir. A la fin du concert, les musiciens se sont donné l'accolade en sortant de scène : impression de voir un vrai groupe. Hier soir, les phrases de Peter Perrett ont magnétisé le public comme elles ne l'ont peut-être jamais faites.

Setlist approximative et dans le désordre :
The whole of the law / Another girl, another planet / The beast / It's the truth / Lovers of today /  Flaming torch / From here to eternity / Programme / Miles from nowhere / Why don't you kill yourself ? / Me and my shadow / The big sleep / Trouble in the world / As my wife says / + trois/quatre nouvelles chansons (dont "Magic tablet")