A thousand doors, just one key

Feldup

par Jérôme Heff le 05/10/2020

Note: 9.0    

Le premier disque de Félix Dupuis, seulement dix-huit ans, ne laisse pas d’étonner sur la justesse et la qualité des compositions, et leur équilibre parfait entre énergie juvénile et influences anglo-saxonnes parfaitement digérées.

Feldup ne cherche d'ailleurs pas à les cacher : il s’exprime depuis la pré-adolescence depuis sa chaîne youtube, qui est aussi un support à sa créativité. Une exposition sur les réseaux sociaux à l'ombre de laquelle il a cultivé son jardin secret musical. Comme sur une souche d’arbre dont on compterait les cernes, on pourrait presque dater d’un clic de souris à quel âge Félix a été marqué par certains groupes ou artistes – très logiquement, ce sont des noms des années 2000-2010 qui viennent à l’esprit. Feldup n’hésite pas à pousser la voix et assume un penchant pour le lyrisme à la Arcade Fire, avec les guitares serrées des Strokes. Si on remonte un peu plus loin, certains refrains évoquent la power-pop années 90 de Weezer, et la voix parfois étranglée celle du grand-père Tom Verlaine – Félix faisant le lien avec brio entre l’âge de Television et celui de l’Internet.

Comme l’Américain Will Toledo (Car Seat Headrest) natif de la petite ville de Leesburg, Félix le Clermontois fait souffler un vent de fraîcheur sur la pop : parfaitement construit, le pourtant long "A thousand doors, just one key" (presque une heure) ne connaît aucune baisse de tension, même dans les moments plus atmosphériques.  Feldup vient de s’ouvrir en grand les portes de notre discothèque.



FELDUP Falling apart (Clip 2020)