Rock
Pop Rock
 Jane Weaver - Seven day smile
Angleterre 1999
Album Original
Un CD Cherry Red > Bird  / Import Cherry Red 1999



SPIRALE

 Cherlokalate
 
Jane Weaver
Seven day smile
par Jérôme Heff le 17/02/2006

Note: 8.0    
Morceaux qui Tuent
Seven day smile
Starglow


"Seven day smile" voit le jour six ans après que Jane Weaver l'ait enregistré. Dans la deuxième moitié des années 90, la jeune femme de Manchester a publié une poignée de singles avec ses groupes Kill Laura et Misty Dixon, puis en solo (le matériel collecté ici), sur Manchester Records - label de Rob Gretton (manager de Joy Division et co-fondateur du club l'Haçienda). Malheureusement, le décès de ce dernier en mai 1999 a rendu impossible la sortie de "Seven day smile", auquel ont participé Andy Votel (musicien et tête chercheuse de Delay 68 Records) et les Doves (juste après leur recentrage rock).

L'écriture de Jane Weaver a une allure sobre, proche d'un esprit folk-rock, qui la ferait sonner plus américaine qu'anglaise - un peu comme sa compatriote Kathryn Williams, avec ce tempérament doux-amer qui affleure constamment. Mais même sur les titres les plus "classiques" de ce disque, joués guitare-voix ("The sink"), Weaver ajoute des mini-expérimentations, en procédant par petites touches : un décrochage sonore salissant sur "You're a riot", des choeurs travaillés sur "Once you'd given me up", l'électronique sur un "Gutter girl" proche de Broadcast. Sa voix est peu puissante mais possède ce qu'il faut d'assurance et de fragilité pour toucher juste.
L'association avec les Doves marche à merveille sur "Seven day smile", un titre mid-tempo bien équilibré entre le rock brumeux de Mazzy Star (encore plus sur "In summer" et "Slow song") et de chaudes nappes d'orgues. "Weathered" repose sur le même canevas solide. "Starglow" (issue d'autres sessions), avec sa rythmique électro bossa minimale et des guitares cramées à l'arrière-plan, est une réussite qui éclaire sous une autre perspective une écriture souple et prudente comme un chat.

Les dernières nouvelles discographiques de Jane Weaver remontent à 2002 ("Like an aspen leaf", son premier véritable album). Depuis, elle a tourné avec Richard Hawley, Vic Chestnutt... et prépare sans doute la suite : ce "Seven day smile" sorti à retardement donne envie d'en entendre davantage.