Rock
Pop Rock
The  Brian Jonestown Massacre - My bloody underground
Etats-Unis 2008
Album Original
Un CD A Recordings  / Differ-Ant 2008

WEB

Label A Recordings


SPIRALE

 Methodrone
 Take it from the man
 Who killed Sgt. Pepper?
 
The Brian Jonestown Massacre
My bloody underground
par Jérôme Heff le 12/05/2008

Note: 5.0    

Entre psychédélisme mou, mur du son, dérives narcotiques et remplissage complaisant, ce nouveau disque du Brian Jonestown Massacre (BJM) est bourré jusqu'à la gueule des délires de son auteur, Anton Newcombe. Pour le meilleur et pour le pire.

Certains voient en "My bloody underground" un exercice "shoegaze" – du nom de ce mouvement fin 80 début 90, qui noyait les mélodies sous un déluge de guitares - : "Monkey powder" porte en effet la co-signature de l'ex-Ride Mike Gardener, et "Just like kicking Jesus" recrée les gimmicks de My Bloody Valentine (deux groupes emblématiques du genre). Pour autant, "My bloody underground" sonne comme du BJM pur jus. Le titre de l'album est finalement un hommage vicieux (voir aussi les titres de chansons détournés), une posture "je sais tout faire et je vous emmerde" de la part d'un Anton Newcombe qui voudrait être à lui seul le Velvet Underground, My Bloody Valentine et les Rolling Stones.

Sur les 78 minutes que dure le disque, on peut aisément en retrancher 27 : l'instru baba-cool "Who fucking pissed on my well ?", spécial rythmique gnaoua et manteaux afghans ; "Ljosmyndir", titre ambient en islandais ; le riff ultra-répétitif de "Darkwave driver / Big drill car", lentement noyé sous du bruit de fond ; le finale "Black hole symphony", titre pompeux pour un long bourdon de plus de dix minutes. On hésite pour "We are the niggers of the world", pièce au piano dont la mélodie oscille entre un "Nocturne" de Chopin et "Paint it black" des Stones. Restent donc des titres à l'électricité nocive, bloqués et drogués, sur lesquels Newcombe empile des strates sonores (guitares, surtout) de qualités diverses. Suivant le schéma de "Sister Ray" (Velvet Underground), un riff ou un accord est répété et amplifié jusqu'à l'hypnose, au malaise, ou un ennui profond.

Mégalo, tête à claques, mais aussi bidouilleur inspiré de géniales trouvailles de production, Anton Newcombe sait créer un son saisissant, un psychédélisme sale et saturé. Mais son auto-indulgence finit par énerver et sape une bonne partie de l'effet de "My bloody underground".