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The  Doors - Live at the Isle of Wight 1970
Etats-Unis 1970
Un DVD Eagle 2018

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 The Doors - 50th anniversary Deluxe Edition
 Light my fire
 The singles
 Strange days (50th anniversary expanded edition)
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 L.A. woman
 
The Doors
Live at the Isle of Wight 1970
par Francois Branchon le 13/05/2018

Note: 9.0     

Antépénultième prestation des Doors sur scène, le concert de Isle of Wight en août 1970 est bizarre, par son contexte, sa configuration et son contenu.

Depuis mars de l'année précédente et leur passage mouvementé à Miami, les Doors sont sous surveillance, l'inculpation d'attentat à la pudeur est tombée, Morrison est de marbre.
Sur la scène de l'ile de Wight (UK), pour le dernier des grands festivals de l'histoire (six jours de programmation, plus de cinquante groupes dont Hendrix, Hawkwind, Melanie, Procol Harum, Pink Fairies, Chicago, Cactus, Joan Baez, Free, Moody Blues, Tiny Tim, Pentangle, Who, Miles Davis, Shawn Phillips, Ten Years After, Leonard Cohen...), les Doors montent sur scène le samedi soir à 2h du matin. Morrison impose une lumière unique de pénombre rougeâtre sous laquelle, quatrième pion d'un losange, il est figé derrière le micro devant les trois autres, les yeux clos. Il n'en changera pas.

En août 70, cinq albums des Doors sont déjà sortis, et étrangement, le répertoire de ce soir-là ignore les plus récents : aucun titre de "Waiting for the sun" (Juillet 68) ni de "The soft parade" (juillet 69). Quant à leur album du moment, le magnifique et fulgurant "Morrison Hotel" (Février 70), ils n'en extraient que deux titres : "Roadhouse blues" en ouverture du set et "Ship of fools", alors qu'on aurait pu attendre avec délice les versions scéniques de "Maggie McGill", "Peace frog", "Land ho!" ou des suaves "The spy" ou "Indian summer"... Raté ! En lieu et place, Morrison comme blasé, fatigué, ailleurs, puise dans ses classiques : "Back door man", "Break on through", "Light my fire", "When the music's over" et une simili "Celebration of the lizard" avec le medley "Across the sea/Away in India/Crossroad people" intégrée à "The end".

Les morceaux sont interprétés avec énergie mais sans violence, parfois dans une douceur presque spirituelle, avec quelques digressions mais minimales ("Roadhouse blues"), par un Morrison statufié derrière sa barbe, là sans être là, laissant par ricochet une place plus grande aux trois autres (très au point en 70),  plus libres dans leurs solos. On le sait aujourd'hui, après Isle of Wight les Doors ne se produiront plus que deux fois sur scène, le 11 décembre au State Fair de Dallas et le 12 à la Warehouse de La Nouvelle Orleans. Puis Morrison partira pour une autre histoire.
Mais nulle nécessité de se laisser emporter par la nostalgie pour apprécier cette nuit d'août 70 en Angleterre, où des Doors inhabituels (on est loin des concerts de Londres de 68 !) y sont précis et brillants, contrôlant l'énergie avec maestria dans une nuit de fin du monde.




THE DOORS Roadhouse blues (1970 Live at Isle of Wight Festival)